Un élève autiste dans la classe : ce qu’il faut savoir sur l’écriture des autistes



autisme écriture manuscrite

Aujourd’hui, de plus en plus d’enfants avec un handicap sont scolarisés dans des classes normales.

Si cette tendance est bien sur une très bonne chose, cela ne va pas nécessairement sans difficultés, pour l’enfant comme pour l’enseignant.

Ainsi, les enfants autistes scolarisés dans des classes normales rencontrent des difficultés avec l’écriture. Une étude, publiée dans le journal médical de l’American Academy of Neurology, nous éclaire sur ce qu’il faut savoir des autistes et de l’écriture et nous permet d’envisager l’apprentissage de l’écriture cursive spécifiquement pour les autistes

L’autisme et l’écriture : ce qu’il faut en retenir


L’étude de Neurology porte sur 28 enfants âgés de 8 à 13 ans dont la moitié souffrait de troubles autistiques. Elle révèle que les enfants autistes ont une qualité d’écriture cursive moindre et de plus gros problèmes à reconnaitre les lettres que les enfants non-autistes.

Les participants ont été invités à recopier les mots d’une phrase, en respectant la taille des lettres et en utilisant leur plus belle écriture. Leur production a ensuite été analysée sous cinq aspects différents

-la lisibilité,

-la forme,

-l’alignement,

-la taille

-l’espacement.

L’étude montre que les problèmes rencontrés par les élèves autistes sur concentrent particulièrement sur la forme des lettres et la lisibilité.

Ces travaux suggèrent que les enfants autistes ont besoin de thérapies spécifiques visant à travailler leur habiletés motrices. Ainsi, des thérapies incluant motricité fine et apprentissage de la formation des lettres selon un ordre logique et fonction du sens de rotation pourraient les aider à acquérir une écriture cursive de qualité.

Il faut savoir que la mémoire à court terme d’un enfant autiste est pauvre. Il est donc nécessaire de souvent répéter le même exercice graphomoteur. Les études montrent à ce sujet qu’il faut multiplier par 17 le nombre de répétitions par rapport à un enfant neurotypique. Cela sous-entend donc que l’apprentissage de l’écriture cursive pour ces enfants peut être long.

Par ailleurs, on  ne peut théoriquement parler de dysgraphie pour un enfant diagnostiqué autiste, puisque la dysgraphie est un trouble de l’écriture à l’exclusion de tout trouble neurologique.

Les autistes : pourquoi une rééducation de l’écriture?


La plupart des enfants autistes qui viennent me voir au cabinet de rééducation n’écrivent pas ou écrivent en capitales d’imprimerie : À l’image de Tristan, qui malgré un CP dans une classe normale accompagné d’une Assistante de Vie Scolaire (AVS) pendant les deux derniers trimestres n’écrit qu’en écriture bâtonnée.

La nécessité d’une répétition plus importante des gestes graphique ne lui a pas permis d’accéder à une écriture cursive conforme aux exigences scolaires. La présence d’une AVS arrivée tardivement n’y change pas grand chose : ce qu’il faut à Tristan pour écrire de façon fluide, c’est du temps, et beaucoup beaucoup d’entrainement. C’est d’ailleurs l’une des causes principales de l’abandon de l’apprentissage de l’écriture cursive pour les autistes dans le système scolaire : l’enseignant manque de temps pour y parvenir et baisse les bras.

Il est bon de rappeler que si l’autiste souffre d’un handicap certain, l’intelligence n’est pas pour autant nécessairement diminuée. Au contraire, certains développent même une intelligence supérieure. Il est donc important pour eux de pouvoir écrire seuls et ainsi prendre de l’autonomie par rapport aux apprentissages et à la communication par écrit.


La rééducation de l’écriture : Une méthode adaptée aux autistes


Le rééducateur en écriture peut intervenir favorablement dans le cas des enfants autistes, en travaillant plusieurs aspects de leurs problèmes :

  1. Motricité fine pour délier les doigts et tenir correctement le stylo, préalable à toute écriture cursive de qualité.

  2. Apprentissage logique hiérarchisé et progressif des lettres et de leur enchainement

  3. Nombreuses répétitions du geste graphique afin d’assurer l’ancrage mnésique, qui seront réalisées chaque jour selon une progressions d’exercices donnés à faire à la maison.

À l’école,