Bienfaits et méfaits d’une rééducation de l’écriture

Ce titre de blog va certainement vous surprendre. En quoi une rééducation de l’écriture pourrait-elle être néfaste pour un enfant ?


Lorsqu’un enfant souffre de son écriture au quotidien dans sa scolarité, le fait de suivre une rééducation efficace est un vrai soulagement : il progresse, il prend confiance en lui, il réussit mieux et plus vite.

Toutefois, dans la phrase que je viens d’écrire ci-dessus, il y a un mot plus important que les autres : une rééducation efficace.


On se pose rarement la question, mais que se passe-t-il quand une rééducation n’a pas l’efficacité escomptée ?

Une rééducation est toujours un investissement. Cela demande du temps pour venir aux rendez-vous, pour faire les exercices. Cela coûte aussi. Bref, l’enfant fait des efforts, mais ses parents aussi. Et ça, l’enfant en a le plus souvent une conscience aiguë.

Mettons-nous un instant dans la peau d’un enfant pour qui la rééducation n’est pas satisfaisante : « Tout le monde fait des efforts pour m’aider, mais je ne progresse pas ? Je suis nul. Je n’y arriverai jamais ». Voilà ce qu’il va penser.


Jamais il n’imaginera que la technique de rééducation employée n’est pas adaptée à son cas.


Jamais il n’imaginera que le problème vient peut-être de ses parents qui, trop accaparés par leur travail, n’ont pas la possibilité de l’accompagner à des séances régulières.


Il croira toujours que le problème vient de lui et cela ne fera que renforcer son manque d’estime de lui-même alors que le problème est autre.


Pour éviter ce phénomène, le graphopédagogue s’efforce de rendre la rééducation la plus courte et la plus efficace possible. Normalement, 6 à 8 séances suffisent, sauf handicap.


Durant le temps de la prise en charge, les parents, l’enfant et le graphopédagogue vont former une équipe :

  • Le praticien a pour rôle de concevoir les exercices les plus efficaces pour l’enfant.

  • Les parents ont pour rôle d’accompagner l’enfant à ses séances et de veiller à ce que le travail quotidien soit bien fait.

  • L’enfant, lui, doit faire du mieux qu’il peut son entraînement, et appliquer ce qu’il a appris en classe dès que possible.

Que se passe-t-il si l’un des membres de l’équipe ne peut jouer son rôle ?


Si vous pensez que le professionnel ne fait pas son travail, je ne peux que vous conseiller de passer votre chemin et de trouver une personne en qui vous aurez confiance pour aider votre enfant.


Si, en tant que parent, vous êtes au bord de l’implosion à courir partout et à ne plus savoir comment tout faire rentrer dans votre emploi du temps déjà surchargé, appelez-nous, que nous adaptions la prise en charge à votre cas. Il est parfois préférable d’attendre et de profiter des grandes vacances ou de la fin du projet professionnel en cours pour commencer la rééducation. Parfois est possible d'aménager les exercices ou l'emploi du temps des rendez-vous. 


Si votre enfant refuse de faire son travail à la maison et que vous sentez qu’il est en souffrance, il n’y a pas beaucoup d'options :

  • Soit on insiste, en espérant que le cap difficile passe rapidement (quand l’enfant a conscience de ses progrès qui deviennent visibles en classe, tout devient généralement plus simple). De mon côté je peux adapter les exercices donnés afin qu’ils soient mieux acceptés par l’enfant.

  • Soit on arrête, en estimant que le moment est mal choisi pour entreprendre cette rééducation de l’écriture. Il sera toujours possible de reprendre à un moment plus opportun, ou quand l’enfant le demandera.

  • Dernière option, changer le type de prise en charge pour qu'elle soit mieux adaptée  (pas de travail à faire à la maison par exemple, personne avec qui le courant passe mieux, technique différente). Ce sera sûrement plus long de recommencer, mais peu importe, du moment que l’enfant progresse et se sent bien.


En résumé, pour mettre toutes les chances de notre côté, il faut trouver le bon moment pour commencer la prise en charge : praticien et parents disponibles, enfant qui comprend l'intérêt de la rééducation. Gardez en tête qu'il est possible d'améliorer son écriture à tout âge. Le plus tôt est le mieux, non parce que c'est plus facile, mais surtout parce qu'il serait dommage de laisser un enfant souffrir durant des années, alors qu'il est possible de régler le plus souvent définitivement le problème en quelques mois.   Entreprendre une rééducation, oui, mais au bon moment ! 


Et s'il ne voulait pas faire ses exercices ?

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par Anne-Gaël Tissot Sos-écriture
 

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